ALGÈRIE

L’djefna

l’amehraz

tazarbit

Ddaw akal

L’djefna, l’amehraz et tazarbit constituent des objets d’une constellation domestique et matrimoniale, profondément ancrée dans mon paysage intime, qui portent des savoir-faire transmis et des formes de vie où gestes, matières et usages s’entrelacent. Ce projet propose d’interroger ces monuments du quotidien à travers une démarche à la fois documentaire et artistique.

S’ils en constituent le point de départ, ils ne sont pas envisagés comme des fins en soi, mais comme des surfaces de projection et de circulation vers une forme d’intimité sociale et culturelle ainsi que des étendards d’un mode vie (life style) ancestral qui survit en partie face à la modernisation et à la globalisation. L’attention se porte ainsi sur ce qu’ils donnent à voir : des corps au travail, engagés dans la répétition du geste, absorbés par les silences.  A la fois techniques et incarnés, ces gestes révèlent une économie du soin, une mesure du temps, une organisation du travail et une mémoire vivante, qui a survécu tant bien que mal jusqu'à nos jours.   

 L’archéologie visuelle développée dans ce cadre ne vise pas uniquement à documenter des objets et des pratiques, mais à considérer ce que la matière recouvre : des visages, des trajectoires, des récits.

 Elle s’inscrit dans une réflexion sur les formes de transmission, et les dynamiques de disparition ou de transformation de ces pratiques. Dans le contexte algérien, ces objets ont aussi constitué des formes de résistance discrète face aux héritages de la domination. Ils ont contribué à préserver ne serait-ce qu'en partie des savoirs et à maintenir ces modes de vie.

Je voudrais documenter le travail des potières de Maâtkas (Kabylie), d’une tisseuse de tapis à Aït Hichem (Kabylie). Cela vient à documenter le geste premier, celui de la fabrication, avant d’en suivre les prolongements dans les usages quotidiens.

Il s’agira ainsi de mettre en relation les différentes temporalités du geste : produire, transmettre, utiliser. Ces gestes viendront dialoguer avec les pratiques documentées, dans une logique de réactivation et de translation des savoir-faire, où l’image se prolonge dans la matière et le geste.

PROJECTS

Dihia Taleb

L'artiste

Dihia Taleb est photographe documentaire algérienne, née en 1991, qui vit et travaille entre la France et l’Algérie.

Son travail interroge les liens entre mémoire, territoire et identité.

Sa photographie articule l'intime et le documentaire à travers une pratique fondée sur l’observation et l'immersion, qui accorde une place centrale à l’humain, aux récits et aux paysages. 

Elle développe des projets à long terme qui explorent les histoires individuelles et collectives, les héritages culturels, les dynamiques de la vie quotidienne et les transformations sociales.

Son travail interroge

les liens entre mémoire,

territoire et identité