Nadine Hounkpatin
29 juillet 2026
LE RELATIONNEL DES RÉCITS
L'accès des artistes africain.es à une reconnaissance internationale et leur intégration dans les récits dominants de l'histoire de l'art est une évolution indéniable et positive. Cependant, cette visibilité, bien que bienvenue, n'est pas une fin en soi et soulève des interrogations fondamentales quant à sa nature et à ses implications. Notamment, qui détient le pouvoir de définir ce qui est vu, entendu et valorisé ? Si une plus grande visibilité pour les artistes africain.es constitue un progrès significatif, elle exige un regard critique des acteur.rice.s, des institutions et du discours dominant qui façonnent la réception artistique et l’intégration historique. Le risque de perpétuer les préjugés existants, même au sein d’un cadre en apparence plus inclusif, demeure une préoccupation majeure. Le rôle de commissaires d’expositions comme Nadine Hounkpatin, devient primordial. Pour Nadine, sa pratique curatoriale dépasse la simple organisation d’expositions. Il s’agit fondamentalement de « créer des espaces où ces questions peuvent être discutées plutôt que dissimulées. Elles doivent être abordées».
Photos: © Vues de l'exposition Memoria : récits d'une autre Histoire au musée de la culture Afro-brésilienne de Salvador de Bahia, 2025/2026 ; Vue de l'exposition Memoria : récits d'une autre Histoire au FRAC Nouvelle Aquitaine Meca, Bordeaux, 2021
L’invitée
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Nadine est consultante en projets artistiques et culturels et commissaire d’exposition. Sa pratique, inscrite dans une approche transculturelle, pluridisciplinaire et collaborative, interroge les notions de mémoire, de transmission et de récits critiques dans l’art contemporain. Elle s’intéresse particulièrement à la manière dont les artistes mobilisent les héritages et les récits historiques pour ouvrir de nouvelles perspectives esthétiques, poétiques et politiques.
Active au sein de The Photographic Collective et cofondatrice de TheArtMomentum (2018-2025), elle a collaboré avec de nombreuses institutions, fondations, centres d’art et universités en Afrique, en Europe et en Amérique. Engagée dans la transmission et les enjeux de représentation, elle développe des espaces de réflexion autour des narrations dominantes. Autrice de plusieurs contributions éditoriales, elle a participé à l’équipe curatoriale des Rencontres de Bamako en 2024 et est nommée, fin 2025, commissaire associée aux 57e Rencontres de la Photographie d’Arles pour le Prix Découverte Fondation Louis Roederer, poursuivant ainsi une démarche engagée, sensible aux nouvelles écritures visuelles et pratiques émergentes.