Ando Tsiafoy RASENDRAMAHAVALISOA

À NOS JAMAIS ASSEZ

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31 mars 2026

Douce est la création qui porte en son sein le poids des Hommes
Aux lueurs de l’aube, n’a-t-elle de cesse de s’affairer
Pour ses rêves, un semblant de vie conforme, for her « home »
Et de se dire, malgré les plis du temps, « serait-ce jamais assez ? »
Derrière ce murmure proche du reproche et de la condamnation
Se dévoile tout son engagement, voire de la dévotion

Dans ses gestes silencieux se tisse l’avenir,
Dans ses fatigues s’écrit ce que d’autres appellent bâtir.
Elle sème dans les champs, dans les villes, dans les écoles,
Elle créée le courage dans les silences des paroles.

Que de beaucoup rient en la voyant courber l’échine
Que de beaucoup s’indiffèrent quand grise est sa mine
Après tout, n’est-ce pas là son rôle principal?
A tous les rêves, être le socle, le rempart, le piédestal
Cette messagère de l’éternel inachevé aux yeux fiévreux
Une ambition d’embrasser la vie : pour elle, mais toujours et avant tout pour eux

Des efforts dispersés ou déjà bien ancrés dans les traditions?
Ce sera son plus grand combat et sûrement sa plus grande question
On lui demande de porter les générations qui passent
Sans faillir, inlassablement, sans perdre en grâce.
Et dans son amour sans mesure et sa forte douceur
Mille combats se bousculent en sa tête et en son cœur.


Car d’une femme qui créée les Hommes en son regard et ses mains
D’en faire une sacralité en est encore long le chemin.
Tant d’amour, un devoir ou tout simplement un dû naturel?
Hélas, une triste évidence que beaucoup témoigneraient au pluri-elles.
Et de toutes ces femmes en Afrique et des quatre coins du monde
De culpabilité, d’espoir et de prières vibrent-elles sur la même onde.


Et inlassablement dans leurs journées dépassées
La même supplique n’a de cesse de se répéter.
Ô ciel, s’il y a moindre mal sur mes êtres chers
Ramenez à moi cette douleur et le prix des erreurs d’hier
Car dans l’abandon et dans les projets
Le triste sort de la femme est de sentir qu’elle n’en fait jamais assez.
Avant que le monde prenne son sens et se donne une contenance
La vie elle-même s’est définie autour de cette «évidence » 

Nguvu ya Mwanamke.

un bol de pigment presque vide

L’ auteure

Ando Tsiafoy RASENDRAMAHAVALISOA est une féministe basée à Madagascar. Son parcours orienté stratégie et terrain dans les métiers du marketing et du commerce lui ont permis d’éprouver son sens de l’empathie et de la négociation. Très tôt, cette habilité à cerner l’humain et ses codes sociaux l’ont amené à identifier les défis de la femme dans ses responsabilités. De celles qui ont appris à avancer sans attendre qu’on leur donne la place, Ando a occupé des places décisionnelles dans divers secteurs à Madagascar. Une prise de position motivée essentiellement par une seule mission: légitimer la voix de la femme, notamment dans les milieux professionnels.

À travers ses projets et son travail, Ando met en lumière le rôle stratégique des femmes dans le développement économique en Afrique. Elle est convaincue que les femmes ne sont pas seulement des actrices du changement — elles en sont des piliers. C’est de là que naît sa vision du féminisme : une bataille en douceur et fermeté, principalement ancrée dans l’action et dans l’autonomie économique de la gente féminine. Ici, il ne s’agit pas uniquement de revendiquer une place, mais de la bâtir, de la structurer et de la rendre durable.

rasendratsiafoy@gmail.com

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